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dimanche 23 avril 2017

La brodeuse

Il y a quelques temps, je vous parlais des journées des métiers d'art; j'ai pu profiter de cet événement pour assister à plusieurs démonstrations et visites d'atelier. Quelle chance de pouvoir pénétrer dans ces lieux à l'atmosphère si particulière et de pouvoir écouter des artisans partager leurs connaissances et leur passion pour leur art! 

Je me suis rendue dans le Pays d'Enhaut où j'ai tout d'abord visité l'atelier de Cecilia Roger. 


Cette femme passionnée et énergique nous a présenté deux types de broderies qu'elle pratique: la broderie de Lunéville et la broderie du Japon. 
J'ai été particulièrement attirée par cette visite car j'ai pris quelques cours de broderie chez Lesage à Paris il y a plusieurs années. Lesage, c'est LA référence en matière de broderie, notamment pour la haute couture. Cet intérêt s'était développé suite au visionnage du film "Brodeuses": après avoir vu les cadres à broder, les perles et les paillettes, le lent, patient et minutieux travail de la broderie de Lunéville, j'avais voulu en savoir plus. J'avais d'abord pris un cours de un jour durant lequel j'avais brodé à l'aiguille, puis quelques temps plus tard, j'étais repartie pour quelques jours à Paris pour y suivre une initiation (12 heures de cours) au crochet.


Le crochet, c'est cet outil présenté ci-dessus. Je dois avouer que je ne suis plus capable de m'en servir, même si, après mon cours, enthousiasmée, j'avais acheté tout le matériel nécessaire (cadre, crochet, paillettes, perles) pour continuer à pratiquer la broderie de Lunéville. Mais je ne m'avoue pas vaincue! J'ai tout gardé pour le jour où j'aurai le temps de m'y remettre.
Avec le crochet de Lunéville, on travaille sur l'envers de l'ouvrage. Le tissu est tendu sur un cadre rectangulaire, lui-même posé sur des tréteaux. On a une main au-dessus du cadre (celle qui tient le crochet) et une main au-dessous, du côté de l'ouvrage (celle qui tient le fil). Les perles ou les paillettes que l'on veut broder sont déjà toutes enfilées sur le fil et avec le crochet, on les applique sur le tissu en faisant un point entre chacune des perles ou paillettes.


Un détail du travail de "démonstration" de madame Roger; on y aperçoit plusieurs types de points



Détails de travaux réalisés par madame Roger durant sa formation chez Lesage





Nous avons eu la chance de pouvoir admirer de très près les travaux réalisés par madame Roger. Sachant que toutes ces perles ont été appliquées à la main, on ne peut être qu'émerveillé par cette patience et ce savoir-faire.




Ici, les perles sont appliquées en suivant le motif du tissu

Après s'être consacrée à la broderie de Lunéville, madame Roger a développé une passion pour la broderie japonaise. A quelques nuances près, les matériaux utilisés sont les mêmes mais le résultat est différent. Lorsque l'on pratique la broderie japonaise, on a en tête le rendu précis que l'on désire obtenir; en fonction de ce but, on va choisir la technique adéquate.






Un atelier rempli de couleurs qui attirent l'oeil, de matériaux variés et de beaux objets

A nouveau, quelle chance d'avoir pu côtoyer ce petit monde unique et magique l'espace de quelques instants! 

dimanche 12 mars 2017

Journées européennes des métiers d'Art

Avec le printemps (mais oui, il est là! Aujourd'hui il n'y avait aucun doute à ce propos, je me suis même installée dehors avec mon ordi pour travailler un peu, après une ballade à travers champs avec parents, oncle et tante, neveu et chien de la soeur), avec le printemps, donc, reviennent les journées européennes des métiers d'Art, et comme les années précédentes, nous avons de la chance car le canton de Vaud prend part à cette belle initiative.

Durant trois jours, des artisans d'Art du canton de Vaud (mais aussi de Genève et du Valais, en ce qui concerne la Suisse romande) vont ouvrir la porte de leur atelier au grand public. C'est une occasion unique de pénétrer dans ces lieux magiques, parfois hors du temps, remplis d'objets inhabituels.



Au mois de mars de l'année passée, je n'ai fait qu'une visite (attention, la plupart des visites se font sur réservation et il ne faut pas s'y prendre trop tard si l'on n'est pas flexible au niveau des horaires...), mais j'en garde un très bon souvenir (mis à part le fait que des personnes non inscrites se sont invitées et du coup il y avait un peu trop de monde pour pouvoir suivre agréablement les explications de notre hôte). 

Je n'avais pas encore pris le temps de partager les photos de cette visite, je profite donc de l'occasion pour les ressortir ici!


Tout d'abord, puisque nous étions dans le coin, une petite visite à Romainmôtier s'est avérée indispensable! Petite pause au Prieuré bien sûr, avant de se mettre en route pour Premier, un village situé sur les hauteurs, pas très loin des sommets du jura vaudois.


Le genre d'endroit où l'on déménagerait presque rien qu'à cause de la vue...


A Premier, c'est l'atelier de Monsieur Bader que nous avons visité. Hans-Martin Bader, vous en avez peut-être déjà entendu parler grâce au livre "Le luthier qui aimait la terre"; cet ouvrage raconte comment il cultive la terre avec son cheval, comment il vit en harmonie avec la nature et les saisons; son métier de luthier y est également dépeint.




Je n'ai malheureusement pas pris de notes lors de cette visite et en l'espace d'une année, j'ai quasiment oublié tout ce que monsieur Bader nous avait expliqué. 

Je garde par contre le souvenir d'un atelier à l'ambiance chaleureuse (il faut dire que le fourneau à bois y contribuait bien!), un univers de bois, tant dans les outils et les matériaux utilisés qu'en ce qui concerne l'aménagement du lieu.





Pour pallier à ma mauvaise mémoire, je me permets de retranscrire ici quelques extraits* du livre "Le Luthier qui aimait la terre", afin de transmettre un peu de l'ambiance de l'endroit.

"Cela fait quarante ans qu'il construit des instruments à cordes. En plus des violons, altos, violoncelles, et contrebasses, il a réalisé ce qu'il voulait, en construisant tous les instruments à cordes du répertoire baroque, des violes de gambe, des luths, des vièles, qui lui ont permis d'explorer les confins de la lutherie antique".



"Revenu à son petit établi après être passé par le poêle, monsieur Bader plonge un pinceau dans la colle chaude. C'est de la colle forte, à base de cartilages, de peau et d'os, et qui tiendra des siècles."



"Monsieur Bader garde en réserve toutes les essences de la lutherie baroque. Des plateaux d'érable et d'épicéa coupé dans le Jura, du tilleul, le bois sacré, des billes de poirier et de hêtre pour tailler des manches, du buis pour les chevilles et les cordiers, du cerisier, du pommier, du peuplier, du merisier, du saule et de l'ébène."





Dans l'atelier, la fabrication d'un instrument de ne se fait pas sans interruption. Des jours, parfois des semaines passent entre la finition d'une étape et le moment où le luthier entreprend la suivante. Entretemps, il travaille à d'autres instruments et ne cesse d'accomplir les travaux du dehors.




Et vous, allez-vous participer aux visites de ces journées de métiers d'Art? Si vous êtes intéressés, toutes les infos pour la Suisse romande se trouvent ici! Je trouve que nous avons tellement de chance de pouvoir bénéficier de ce genre de possibilités, qui plus est gratuitement!

* Tous les extraits proviennent du livre "Le luthier qui aimait la terre", de Patrick Dutoit (photographe) et Pierre Rouyer, aux Editions du Midi.









dimanche 29 mars 2015

Journées européennes des métiers d'art / le typographe / le tapissier et la courtepointière

Comme l'année passée, en cette fin du mois de mars, des artisans d'art ont ouvert leurs portes au public afin de présenter leur métier.


Ce matin, après un latte macchiato au P'tit Bar près du Pont Bessière (pour digérer le passage à l'heure d'été), c'est à l'atelier typographique de la Cité, à Lausanne, que je me suis rendue. 

Il y avait du monde pour la visite de cet endroit à l'odeur caractéristique, tout le monde s'est serré dans l'espace qui restait entre les grosses mécaniques bien huilées pour écouter les explications du maître des lieux, Nicolas Regamey.



Il y a quelques jours, j'avais découvert par hasard son portrait dans une émission "Passe-moi les Jumelles" qui datait de l'année passée; cela m'avait donné une idée de ce personnage assez caractéristique (je crois avoir compris qu'il porte toujours un béret et une moustache aux extrémités recourbées).

Avec toujours une pointe d'humour, il nous a donné des explications historiques, techniques et pratiques à propos de son métier.

Il nous a montré les casiers (les casses) emplis de caractères de plomb (6 tonnes à l'inventaire!), les différentes machines dont je n'ai pas retenu toutes les dénominations, par contre je me souviens de la presse à bois qui s'appelle Yvonne de son petit nom, ainsi que de Charlotte, la presse à billet, mais oui vous savez, ces petits tickets de train rectangulaires en carton épais.







Nous avons admiré les nombreuses réalisations, faire-parts, invitations, cartes de visite, etc. crées au cours des 10 ans qui ont passé depuis l'ouverture de l'atelier typographique de la Cité (un petit aperçu ici).

Ca me donnerait presque envie de faire des gosses ou de me marier rien que pour pouvoir y faire réaliser un beau faire-part… mais je vais me contenter éventuellement de cartes de visite, ou du faire-part de décès le moment venu ;-)



Avant de partir, nous avons pu choisir un beau souvenir (j'ai peur d'utiliser un terme incorrecte, mais je me lance à l'eau en disant que c'était une estampe) réalisée avec l'objet que vous voyez ci-dessus. J'ai également fait l'acquisition de deux jolis blocs-notes, l'un estampillé "Furka-Oberalp" (la ligne de chemins de fer), l'autre "gare de Lausanne", ainsi que d'une série de très jolies cartes de remerciement. On trouve un aperçu de certains de ces objets ici.

En repartant de cet endroit, je me suis dit que décidément, la Cité est un endroit où l'on fait des découvertes intéressantes.





L'après-midi, je me suis rendue à Morges dans les ateliers de la maison Moyard.

Un tapissier puis une courtepointière nous ont présenté quelques aspects de leur métier.






Le tapissier nous a expliqué quelles sont les étapes de la restauration d'un fauteuil.


La maison Moyard réalise également des meubles contemporains. Tous les corps de métier nécessaires à cela sont présents dans les ateliers.


La courtepointière nous a présenté ses outils ainsi que les matières qu'elle travaille.




A la fin de la visite, j'ai pu me mettre à la machine à coudre pour réaliser un porte-clé; le plaisir de rentrer chez soi avec un objet fait par soi-même a été la cerise sur le gâteau :-)


lundi 21 avril 2014

Journées européennes des métiers d'art: lithographe et tavilloneur

Il y a déjà deux semaines, j'ai participé à deux visites dans le cadre des journées européennes des métiers d'art.

La première a eu lieu au Flon à Lausanne, chez Raynald Métraux qui est lithographe.
Durant une heure trente, nous avons écouté ses explications, visité son atelier et mis la main à la pâte.

Je dois avouer que certaines explications m'ont paru très techniques. Je pourrais difficilement d'écrire à nouveau toutes les étapes de la réalisation d'une lithographie avec exactitude...





Toutefois, j'ai retenu que...
- on peut dessiner sur des plaques de pierre (voir photos)
- mais on utilise aussi d'autres supports (cuivre, bois,...)
- le gras attire le gras ;)
- il n'existe presque plus d'artisans capables de fabriquer les rouleaux servant à étaler l'encre
...

J'aurais dû noter * directement après la visite. Maintenant il me reste encore tout un paquet d'explications qui se mélangent dans ma tête... Mais qui ne sont pas assez claires pour que je puisse les retransmettre.












Je suis toujours attirée par l'ambiance de ces ateliers lumineux et sans fioritures, dans lesquels se trouvent des objets que je n'ai pas l'habitude d'utiliser et qui me semblent offrir tout un monde de possibilités.

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La seconde visite a eu lieu aux Avants, chez Florian Despond. 
Il exerce le métier de tavilloneur, dans le cadre de l'entreprise qu'il a créée, entreprise qui fait aussi des travaux de ferblanterie-couverture.
Florian Despond est indépendant depuis l'âge de 19 ans; sa passion  pour son métier lui est venue en travaillant avec un tavilloneur pendant ses congés, durant son adolescence.

Les étapes de la fabrication et de la pose du tavillon ont été expliquées, de même que les caractéristiques du bois choisi pour fabriquer les tavillons.






Les tavillons sont posés et cloués de cette manière sur la toiture.



Les visiteurs ont pu mettre la main à la pâte et fabriquer eux-même des tavillons. Pas facile quand le morceau de bois devient de plus en plus étroit!


Les outils du tavilloneur sont simples et peu nombreux. Tout le travail se fait manuellement.


Le bois est abattu lorsque la sève est redescendue de l'arbre. Les tavillons sont fabriqués durant l'hiver.


Ces visites ont été intéressantes et enrichissantes. 
Elles ouvrent la porte sur des activités peu connues. Elles permettent de prendre conscience de la valeur du travail et des objets produits de manière artisanale.

(* J'ai lu quelque part sur internet - mais argghh, je ne retrouve plus l'article - le conseil suivant: le fait de mettre par écrit, après avoir assisté à une conférence ou à tout autre moment où l'on apprend quelque chose, les trois idées principales retenues, permettrait de … devenir plus intelligent? mieux réussir dans la vie? avoir une conversation plus intéressante? … bref, je ne me rappelle plus. C'est bien la preuve que j'aurais dû suivre ce conseil immédiatement après avoir lu l'article. Mais promis, là je vais vraiment m'y mettre. D'ailleurs je me suis acheté un joli carnet gris pour cela.)